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Editorial de Guy : Vin de messe
Le vin liturgique est aussi appelé vin de messe par les catholiques. A l'origine, le mystère
de la transsubstantiation (conversion d'une substance en une autre), terme qui désigne, pour les chrétiens,
la conversion du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l'Eucharistie. '' Buvez-en tous, car ceci est
mon sang... '' voici les célèbres paroles que le Christ aurait prononcées lors de la dernière
Cène.
Pour le vin de messe, il n'y a pas de règles précises, ni pour le degré alcoolique
ni pour la couleur du vin. Il peut-être rouge ou blanc (sec ou doux). Il doit seulement provenir de raisins
fermentés sans ajout de sucre (chaptalisation) et sans suppléments qui ne seraient pas autorisés
par la loi : donc, un vin naturel, sans ajout de substances aromatiques, d'alcool ou de conservateurs (toutes les
qualités d'un vin bio). En général, les prêtres choisissent des blancs liquoreux de
type Sauternes ou Monbazillac. Certains optent pour des rouges puissants, un Cahors supportant mieux la dilution à l'eau
dans le calice (le vin de messe est toujours mélangé à de l'eau contenue dans des burettes).
Aujourd'hui,
pour des raisons pratiques, le vin blanc dans le cadre de la célébration de l'Eucharistie,
est préféré au rouge, il est moins salissant pour les linges d'autels et celui qui sert à essuyer
le calice.
Le Vatican utilise encore un vin rouge. La région italienne de Prato, en Toscane a offert
au Pape, il y a plusieurs années un vin de messe rouge produit dans le vignoble de Capezzana. Autre exemple,
le marché catholique des vins de messe représente un gros volume, puisque la population ecclésiastique
italienne a environ 29000 religieux, consomme donc 800 000 litres de vin par année pendant les seuls offices.
Ce vin est absorbé par petites gorgées de 35 millilitres en moyenne, soit par religieux 27,6 litres
par an, exclusivement en vin de messe. Il n'y a pas de chiffre officiel concernant la production de vin de messe
en France.
Les abbayes sauvèrent la viticulture occidentale, avec l'éclatement de l'empire romain,
on vit l'église sauver la viticulture du chaos. Elle restructura les vignobles ruinés par l’invasion
des Francs et des Alamans. C'était l'époque du christianisme triomphant où chaque monastère,
chaque évêché, plantait des vignes pour satisfaire aux besoins liturgiques.
De nombreux vins
ont gardé en leur nom (ermitage, abbaye, clos, prieuré etc) cette origine monastique et de communion.
De même, la plupart des vignobles du Nouveau Monde sont nés du besoin des colons en vins de messe.
J'ai eu l’occasion
de boire un vin de messe chez un ami, son oncle Prêtre, présent, avait amené une bouteille
de Monbazillac, un bon moment.
Guy
(Sources consultées : Encyclopédie Vinissime, dico du vin.com, clubdgv.blogspot.fr, la Croix.com)