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L'écho des pressoirs n°301 Octobre 2026
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Croyez-vous au réchauffement climatique ?
Si vous n'y "croyez pas", mieux vaut ne pas lire ces lignes, qui risquent de heurter votre sensibilité. À mon humble connaissance, aucun vigneron n'a réfuté l'existence factuelle du phénomène, prévu de longue date par les scientifiques, et corroboré par des myriades d'observations dans le monde entier.
Ses conséquences commencent maintenant à se faire sérieusement sentir, même chez les non-vignerons, et plus particulièrement cet été en Europe, par l’accumulation étonnante des épisodes caniculaires.
Les conséquences sur la vigne
Le hivers plus doux déclenchent plus tôt la sortie des bourgeons, ce qui n'exclut pas pour autant des gelées tardives, qui sont alors dévastatrices.
Les pluies plus intenses peuvent déclencher des ruissellements lessivant les sols, la grêle plus fréquente et plus violente peut détruire les feuilles ou les fruits déjà formés.
La chaleur humide favorise la survenue de maladies cryptogamiques.
Les épisodes de chaleur intense comme cette année peuvent faire "griller" la végétation, ou ralentir la maturation des raisins.
La sécheresse crée un stress hydrique qui diminue le volume des grains et amoindrit la production.
Les conséquences sur la vinification
Les vendanges sont plus précoces, et commencent début septembre, voire fin août. Les moûts montent en alcool, et perdent de l'acidité, produisant des vins déséquilibrés. La typicité des terroirs peut être mise en cause.
Les adaptations
Création de vignobles en Bretagne ou dans les départements du Nord (sur les terrils) ; utilisation de cépages oubliés qui résistent mieux à la chaleur et au manque d'eau ; introduction de cépages hybrides comme le Voltis, ou de cépages du Sud comme l'arinarnoa ou le touriga nacional ; irrigation au goutte à goutte, paillage ou enherbement des sols ; vendanges nocturnes pour éviter le départ en fermentation dans les cagettes des vendangeurs.... toutes ces démarches ont leur utilité, mais même leur utilisation conjointe ne garantit pas des récoltes satisfaisantes.
La technologie a t-elle la solution ?
Au fil d'un journal télévisé, vers la mi-août, j'ai retrouvé une personne bien connue au club : c'est Claire Naudin, vigneronne à Magny-lès-Villers dans les Hautes Côtes de Nuits, qui faisait la démonstration d'une sorte de palmier robotisé et connecté au réseau 5G, censé jouer le rôle de parasol, de parapluie, de parafoudre et de paragrêle !
Tous les six à sept mètres, est ancré dans le rang de vignes un caisson métallique. Il contient des bras robotisés qui peuvent déployer une sorte de velum (j'adore ce mot) au dessus des ceps. Une application sur le smartphone de Claire, compile les données météo et/ou de capteurs sur le terrain. Elle peut déclencher automatiquement à distance le déploiement du velum, et ainsi procurer à la vigne un ombrage bienfaisant s'il fait trop chaud, un abri solide s'il grêle, éviter le lessivage de la bouillie bordelaise ou autres produits "phyto" quand la pluie suit immédiatement la pulvérisation, et limiter le lessivage des feuilles par des pluies trop fréquentes propice aux champignons.
Selon la société à l'origine de cette merveille technologique, les récoltes seront plus abondantes et de meilleure qualité.
Selon Claire qui l'a testé cet été, ce dispositif ne fait pas tout : mettre les vignes à l'ombre, quand elles n'ont pas reçu suffisamment d'eau, n'empêche pas le dépérissement des raisins.
En effet, en Haute Côtes de Nuits, l'irrigation des vignes est interdite. Jusqu'à quand ?
Vincent