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Vous trouverez aussi des annexes : le Bulletin
d'adhésion BCBG 2012, pour les retardataires, et pour tout le
monde un Questionnaire préparatoire à la
fête
des 20 ans à Plouescat.
Editorial : Souvenirs de Cuba
A Cuba, sont associées les images du Che et de Fidel Castro fumant un cigare un havane Cohiba gran Réserva.
Le cigare est l’un des symboles d’un art de vivre que cultive chaque épicurien.
Gérard Depardieu n’était il pas un grand ami d’Alejandro, patriarche de la propriété Robaïna,
célèbre pour sa culture des meilleures feuilles de cape de cuba.
Fumer un cigare est un plaisir que
l’on s’offre à la fin d’un repas en accompagnement d’un
verre de vin ou d’un digestif. Et le cigare est plus proche que l’on ne croit du vin. La culture du
tabac a beaucoup de similitude avec celle de la vigne.
Cuba le pays du cigare et de la salsa (je sais), compte de nombreux champs de tabac, le meilleur terroir et le
meilleur climat est à Vinales dans la province de Pinar del Rio. Cultivé de novembre à mai, les feuilles de tabac sont
ensuite récoltées et mises à sécher de février à juillet dans des hangars en bois
les grandes casas del tabaco, ou au soleil dans les champs pendant un à deux mois.
Tout l’art du cigare réside dans l’assemblage des différentes feuilles du tabac (ligero pour la
force, seco pour l’arôme, volado pour la combustion et la sous cape) et dans la différente qualité des
capes poussées sous abri ou au soleil en des proportions qui donneront des goûts plus ou moins puissants en
assurant une bonne combustion. La récolte s’effectue à la main.
Les feuilles séchées pendant 45 à 60 jours sont humidifiées et aérées avant d’être
ficelées en paquets de 50.Elles fermenteront 1 à 3 mois et quand la température atteint 44° on retourne
le paquet pour une fermentation bien homogène. Plusieurs fois. Puis les feuilles sont triées et dénervées ;
Puis, elles connaissent une nouvelle fermentation de 45 à 60 jours qui permet d’uniformiser les arômes
du tabac et de diminuer la teneur en acidité, goudrons et nicotine. Ensuite stockage pour le vieillissement :
période de maturation de 2 ans. 5 types de feuilles sont utilisés pour confectionner un havano.
Les saveurs cubaines se décrivent de la même façon que celles d’un vin :
A cru : dégustation sommaire quand le cigare n’est pas allumé. Très souvent les notes constatées à cru
disparaissent sitôt les premières bouffées ;
A l’aveugle ou blind test : dégustation au cours de laquelle les bagues de cigares sont ôtées
et parfois les produits masqués afin de ne pouvoir les reconnaître ;
Complexité aromatique : se dit d’un cigare développant une floraison d’arômes divers
se succédant les uns aux autres. La complexité est la marque des grands havanes.
Le goût du cigare peut être : court, empyreumatique, épicé (base de grand havane avec
la terre et les notes animales) ou poivre vert (le plus fréquent) ; étroit : registre olfactif
peu développé : 2 ou 3 aromes dominants ; long, rond : délivrant un assemblage d’aromes
sans aspérité ni heurts ; sucré : parfois noté au démarrage. A ne pas confondre
avec les notes miellées ou caramélisées chez les grands havanes.
L’évolution aromatique connaît aussi une progression…
Il ne me reste qu’à vous souhaiter une bonne dégustation sur l’air de la chanson de Serge Gainsbourg
ou sur un poème de José Marti : » la poésie s’évadera suavement d’une
volute de fumée, un verre de rhum à la main ».
Armelle