Editorial : Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !
Au salon des vins de Loire à Angers, des viticulteurs ont poussé très loin le bouchon,
au point d’embouteiller leur nectar dans du plastique !
C’est le cas de la maison Joseph MELLOT.
Enracinée dans le vignoble de Sancerre depuis…1513, elle exporte son vin blanc de pays dans
des bouteilles de … polyéthylène ! Dix fois plus légères que leurs rivales
de verre, elles voyagent à moindre frais vers la Grande-Bretagne, la Suède ou la Norvège, « dans
des camions où l’on peut caser jusqu’à 8 700 bouteilles de plus ».
Autre avantage
: la fabrication d’une bouteille plastique engloutit moins d’énergie qu’une bouteille
de verre. (Réduction de 68% des émissions de CO2). L’argument fait mouche en Europe du
Nord où les enseignes de la grande distribution affichent en rayon le bilan carbone des produits.
Des
bordeaux et des beaujolais parcourent ainsi le monde dans leur habit de polyéthylène. Ils n’osent
pas encore pointer leur goulot en France. Trop risqué dans un pays à forte tradition viticole.
Les
spiritueux essuient les plâtres. Le groupe Pernod-Ricard fait reluire le jaune de ses apéritifs
anisés en bouteille plastique !
Le verre n’a pas dit son dernier mot, il contre-attaque mais … pour
concurrencer le liège qui bouchait nos bouteilles. Sa percée est notable en Allemagne, Autriche
et en Alsace : « De plus en plus d’entreprises offrent à leurs clients des coffrets de
bouteilles à bouchons de verre » indique Philippe Gilbert, Viticulteur à Menetou Salon
(Cher) qui teste actuellement cette technique sur une série de 3 500 bouteilles. « Avec l’explosion
de la consommation mondiale du vin » explique t-il, « les chênaies sont surexploitées
et la qualité du liège se détériore, d’où un goût de poussière
et une altération du vin ». « Le bouchon de verre apporte une solution élégante
et raffinée. La bouteille devient une carafe ». « On la débouche comme un flacon
de parfum. C’est un autre charme, plus féminin ».
Jean Paul